Septembre en Bretagne : un mois de transition entre été et automne
Le mois de septembre occupe une place particulière dans le climat breton. Il marque la transition entre l’été et l’automne météorologiques : l’été météorologique s’achève officiellement le 31 août, tandis que l’automne météorologique débute dès le 1er septembre. Cette définition, basée sur des périodes de trois mois permettant de faciliter les comparaisons climatiques, diffère de celle des saisons astronomiques : l’automne calendaire débute en effet autour du 22 ou 23 septembre.
Une baisse progressive de l’ensoleillement
Au fil du mois, la hauteur du Soleil diminue progressivement dans le ciel. À la mi-journée, elle se situe autour de 40 à 45° en début de mois selon la latitude, avant de continuer à baisser au fil des semaines (voir infographie suivante).
Cette évolution entraîne une diminution progressive de l’énergie solaire reçue par les surfaces. Les rayons du Soleil arrivent avec un angle plus faible et chauffent donc moins efficacement le sol et les basses couches de l’atmosphère. Par ailleurs, les journées raccourcissent tandis que les nuits s’allongent.
Lors des nuits peu nuageuses et avec un vent faible, cette évolution favorise également un refroidissement nocturne plus efficace : le sol restitue davantage d’énergie sous forme de rayonnement infrarouge vers l’atmosphère et l’espace. Les températures minimales peuvent ainsi commencer à baisser sensiblement au cours du mois.

Une chaleur qui peut encore persister
Malgré cette baisse progressive de l’énergie solaire reçue, septembre peut encore réserver de belles périodes de douceur, voire de chaleur. Cela s’explique notamment par l’inertie thermique du système climatique, particulièrement liée aux surfaces continentales et surtout aux océans qui se refroidissent de manière très progressive après avoir accumulé de l’énergie durant l’été.
L’atmosphère peut également conserver temporairement des masses d’air chaudes en fonction de la circulation atmosphérique. En septembre, des remontées d’air doux ou chaud depuis les régions méridionales de l’Europe peuvent encore se produire sur l’Europe de l’Ouest. La Bretagne peut alors connaître des températures élevées, comme cela a notamment été le cas à la fin de la semaine dernière.
Les épisodes de chaleur tardive ne sont donc pas inhabituels à cette période de l’année. Leur intensité et leur fréquence sont toutefois influencées par l’évolution du climat : le réchauffement climatique augmente notamment la probabilité d’observer des températures exceptionnellement élevées en fin d’été et au début de l’automne.
Des records de chaleur encore possibles en septembre
La carte des records mensuels de température maximale montre d’ailleurs que septembre peut encore être marqué par des valeurs particulièrement élevées en Bretagne.
À Rennes, le record atteint 35,1°C, tandis qu’il s’élève à 35,4°C à Nantes, avec dans les deux cas des records établis très récemment, en 2023. D’autres records témoignent toutefois du fait que les fortes chaleurs de septembre ne sont pas un phénomène nouveau. Des valeurs remarquables ont notamment été enregistrées à Dinard, Rostrenen, Ploërmel ou encore Brest, avec certains records remontant à 1961.
À Lorient, le record mensuel de 31°C, établi en 2021, a par ailleurs été égalé en 2023.
Ces différentes valeurs montrent donc que, malgré la baisse progressive de l’ensoleillement, la Bretagne peut encore connaître des épisodes de forte chaleur au cours du mois de septembre.

Des nuits parfois encore très douces
Les températures minimales peuvent elles aussi rester élevées en début de mois. Des records de douceur ont ainsi été enregistrés, avec parfois des nuits tropicales, définies par une température minimale supérieure ou égale à 20°C.
À Nantes, la température n’est pas descendue sous 21,6°C le 4 septembre 2023, tandis que Lorient a enregistré une minimale de 20,3°C le 1er septembre 1961.
Ces valeurs illustrent bien le caractère transitoire du mois de septembre : la chaleur estivale peut encore se maintenir, notamment lorsque des masses d’air douces à chaudes concernent la région, alors que les conditions automnales commencent progressivement à s’installer.

Mais la fraîcheur peut également faire son apparition
À l’inverse, des températures nettement plus fraîches peuvent déjà être observées en septembre, en particulier lors des nuits calmes, dégagées et peu ventées. La carte des records mensuels de température minimale les plus basses en témoigne.
Certaines valeurs sont particulièrement remarquables, notamment 0,2°C à Brennilis et 2,7°C à Fougères, avec des records établis récemment, respectivement en 2022 et en 2021. À Ploeuc-sur-Lié, dans les Côtes-d’Armor, la température est même descendue jusqu’à -1°C.
Ces valeurs doivent toutefois être replacées dans leur contexte local. La topographie joue notamment un rôle important : les secteurs encaissés ou situés dans des cuvettes peuvent davantage favoriser l’accumulation d’air froid au cours des nuits calmes. La situation météorologique, la nébulosité et le vent interviennent également dans l’intensité du refroidissement nocturne.

Un ensoleillement progressivement moins important
Le mois de septembre se caractérise également par une baisse de l’ensoleillement par rapport aux mois précédents avec l'avancée de la saison.
L’influence océanique se fait également progressivement ressentir, favorisant le retour de passages nuageux plus fréquents et de perturbations atlantiques.
Malgré cette tendance générale, l’ensoleillement reste généralement plus important dans le sud-est de la Bretagne, avec plus de 190 à 200 heures entre Lorient et Nantes, contre des valeurs plus faibles ailleurs dans la région (voir carte suivante).

Le retour progressif des précipitations
À mesure que l’automne approche, les précipitations deviennent également plus fréquentes sous l’influence croissante des perturbations océaniques. Les cumuls mensuels restent toutefois relativement homogènes à l’échelle régionale, avec un gradient généralement plus humide vers l’ouest.
En moyenne, Brest reçoit ainsi environ 79 mm de précipitations en septembre, contre 57 mm à Rennes. On relève également 78 mm à Quimper, contre 59 mm à Nantes.
Cette différence s’explique notamment par l’exposition plus importante de l’ouest breton aux perturbations et aux flux océaniques venant de l’Atlantique. Le sud-est de la région se retrouve plus régulièrement en retrait de ces influences, ce qui contribue à des cumuls généralement plus faibles.

Un mois qui illustre la diversité du climat breton
Septembre résume finalement assez bien la transition progressive entre deux saisons. Les températures moyennes commencent à diminuer, les journées raccourcissent, l’ensoleillement baisse et les perturbations atlantiques deviennent progressivement plus fréquentes.
Pour autant, l’été n’a pas complètement disparu : des épisodes de chaleur parfois remarquables peuvent encore se produire (surtout accentués dans le contexte du réchauffement climatique), tandis que les premières nuits fraîches peuvent également apparaître.
Cette forte variabilité, combinée aux différences d’exposition entre l’ouest et l’est de la région, illustre une nouvelle fois la diversité des climats que l’on peut rencontrer au sein même de la Bretagne.