Retour d’une configuration anticyclonique et sèche…
Après les journées agitées et venteuses de la semaine dernière, marquées par le passage de la tempête Austen, la Bretagne retrouve un temps plus calme. Cette semaine, les conditions anticycloniques vont progressivement s’affirmer, particulièrement à partir de jeudi prochain (voir carte suivante). Un vaste dôme anticyclonique devrait s’étendre sur l’Europe de l’Ouest.

Cette configuration favorisera un temps stable, avec des matinées parfois fraîches au cours des prochains jours (voir infographie suivante). Elle pourrait également se maintenir durablement.
À la faveur d’un vent plus faible (et continental), d’un ciel assez dégagé, les températures pourraient baisser au cours des prochaines nuits. Ces conditions pourront permettre aux valeurs de descendre assez bas en fin de nuit et en début de matinée.
Pour mercredi, les températures minimales les plus basses attendues se situent dans une fourchette de 0 à 6 °C. Pour jeudi, vendredi et samedi, les valeurs envisagées sont comprises entre 1 et 6 °C. Des gelées ne sont pas exclues localement d'ici mercredi, notamment dans les secteurs les plus encaissés. Ces températures restent toutefois classiques en cette période de l'année.

Concernant les températures maximales, les valeurs devraient rester proches des normales de saison. On attend globalement 11 à 15 °C entre mercredi et lundi prochain, sans excès particulier.

Une tendance sèche qui pourrait se prolonger
Du côté des précipitations, les modèles météorologiques dessinent une tendance anticyclonique pour la suite de la semaine. Celle-ci pourrait se prolonger au-delà, même si l'incertitude augmente progressivement avec l'échéance.
Pour illustrer cette tendance, nous présentons ci-dessous deux diagrammes issus du Global Ensemble Forecast System (GEFS), un modèle américain de prévision d'ensemble, pour Brest et Rennes. Ce système complète le modèle déterministe GFS (Global Forecast System).
Contrairement au modèle déterministe, qui produit un scénario à partir d'un jeu de conditions initiales donné, le modèle d'ensemble GEFS génère plusieurs scénarios météorologiques afin de mieux représenter les incertitudes liées à l'évolution de l'atmosphère. Il comprend 31 membres : un membre de contrôle et 30 membres perturbés, pour lesquels les conditions initiales sont légèrement modifiées. La comparaison de ces différents scénarios permet notamment d'évaluer la robustesse d'une tendance à moyen et à plus long terme.
Les diagrammes suivants présentent l'évolution des cumuls de précipitations modélisés pour les prochains jours. Chaque courbe représente un scénario, tandis que la courbe rouge correspond à la moyenne de l'ensemble. L'évolution de ces courbes permet de suivre à la fois la tendance générale et le degré d'incertitude des prévisions.
À Brest comme à Rennes, les courbes restent très proches les unes des autres jusqu'aux alentours du 5 au 7 novembre 2026. Les cumuls de précipitations envisagés demeurent faibles, très loin du seuil des 5 mm par exemple sur les diagrammes présentés. Au-delà de cette période, les scénarios commencent à davantage diverger, signe d'une incertitude croissante sur la suite de l'évolution météorologique.

Il se dégage donc une tendance sèche pour les neuf à dix prochains jours, avec peu ou pas de précipitations significatives envisagées sur cette période. Il convient toutefois de rappeler que ces diagrammes ne permettent pas d'exclure totalement le passage de quelques pluies localisées et que la confiance diminue à mesure que l'on s'éloigne dans le temps.
Le GEFS n'est par ailleurs pas le seul modèle d'ensemble à disposition des météorologues. Il existe notamment le système européen ECMWF, ainsi que des systèmes de prévision utilisant l'intelligence artificielle, comme l'ECMWF AIFS. Les tendances dégagées par ces différents outils vont également dans le sens d'un temps durablement sec. Le GEFS permet ainsi d'illustrer cette évolution, sans pour autant constituer à lui seul une garantie sur l'ensemble de la période.
Des sols et des nappes phréatiques encore fragilisés
Avant les pluies de la semaine dernière, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) faisait état d'une baisse du niveau des nappes phréatiques en Bretagne. Les précipitations récentes ont pu contribuer à améliorer localement la situation, mais elles ne suffisent pas nécessairement à compenser les déficits accumulés.

Il faut savoir que le sous-sol breton est majoritairement composé de granites, grès et schistes. Ce sont des roches qui ont toutes la particularité d’être dures et de ne pas se fissurer facilement. On dit qu’elles sont peu poreuses et elles ne forment donc pas des zones propices au stockage souterrain de l’eau, comme peuvent l’être les roches calcaires.
À la différence d’autres régions, les nappes bretonnes sont peu étendues et ont de faibles capacités de stockage. Elles réagissent également vite : elles se remplissent rapidement en cas de pluie abondante, mais elles se vident également rapidement dès que la pluie s’arrête.
Parallèlement, les sols restent globalement plus secs que la normale dans une grande partie de la Bretagne, selon la situation actualisée au lundi 26 octobre 2026 (voir carte des anomalies d'humidité des sols ci-dessous). Les anomalies négatives observées (de +10 à 50%) traduisent un déficit en eau par rapport aux conditions habituelles pour cette période. Une légère amélioration apparaît toutefois dans le secteur des monts d'Arrée, où certains secteurs présentent une humidité des sols supérieure de 2 à 5 % à la normale (1991-2020).

Les pluies de la semaine dernière constituent donc un apport bénéfique, mais leur effet reste à relativiser au regard de la situation générale. Elles peuvent humidifier les sols et contribuer à la recharge des nappes, sans pour autant résorber immédiatement les déficits accumulés. La recharge des eaux souterraines dépend notamment de la quantité de pluie reçue, de son infiltration et de l'état initial des sols.
Une accalmie qui ne règle pas la sécheresse
En résumé, les prévisions indiquent l'installation de conditions anticycloniques durables, avec des températures proches des normales de saison et des matinées parfois fraîches. Le principal élément à surveiller concerne l'absence de précipitations significatives, qui pourrait se prolonger pendant une dizaine de jours, voire davantage.
Dans un contexte où les sols et les nappes phréatiques restent fragilisés, cette période sèche ne constitue pas une bonne nouvelle. Les pluies récentes ont apporté un répit, mais elles ne suffisent pas à écarter les préoccupations liées au manque d'eau.
Les restrictions d'usage de l'eau actuellement en vigueur restent donc un élément important à prendre en compte. Seule l'évolution des précipitations au cours des prochaines semaines permettra d'évaluer dans quelle mesure la situation hydrologique pourra progressivement s'améliorer.