Des grandes marées (vives-eaux) aux mortes-eaux
À la fin de la semaine dernière, notamment durant le week-end, nous avons retrouvé les grandes marées avec un coefficient maximal de 102 atteint samedi. Désormais, les coefficients sont en baisse avec une valeur minimale de 22 prévue pour dimanche prochain : nous serons alors en mortes-eaux.
Cette évolution constitue un contraste important en l’espace de quelques jours. Pour rappel, au cours de cette année 2026, nous avons déjà enregistré les coefficients de marée les plus faibles du siècle, avec un minimum de 21 atteint en mars. Des spécialistes des marées, notamment Hugo Besnier, nous indiquaient d'ailleurs qu’un coefficient de 21 était un événement qui ne devrait pas se reproduire au cours du XXIe siècle.
Le minimum prévu dimanche constituera donc le deuxième coefficient le plus faible de l’année.

Pourquoi les coefficients deviennent-ils si faibles ?
Pour comprendre cette évolution, il faut revenir sur le fonctionnement des marées. Les marées de vive-eau se produisent autour des périodes de syzygie, c’est-à-dire lorsque la Terre, la Lune et le Soleil sont approximativement alignés. Les effets générateurs de marée de la Lune et du Soleil se renforcent alors, ce qui favorise une augmentation du marnage et donc des coefficients de marée plus élevés.

À l’inverse, les marées de morte-eau surviennent autour des phases de premier et de dernier quartier de Lune, lorsque la Lune et le Soleil se trouvent à environ 90° l’un de l’autre. On parle alors de quadrature. Les effets générateurs de marée des deux astres ne s'additionnent plus de la même manière et se compensent partiellement, ce qui conduit à un marnage plus faible et donc à des coefficients de marée bas.

La distance entre la Terre et la Lune, ainsi que celle entre la Terre et le Soleil, intervient également dans l’intensité des forces génératrices de marée. Elle contribue ainsi aux variations de hauteur d’eau et de marnage observées d’une période à l’autre.
Des variations de niveau d’eau moins importantes
Lors des mortes-eaux, le marnage est plus faible : la différence de hauteur entre la pleine mer et la basse mer diminue. La pleine mer atteint donc un niveau moins élevé, tandis que la basse mer descend moins bas, comparativement aux grandes marées.
Des coefficients très faibles conjugués à une tendance plutôt anticyclonique
Les très faibles coefficients de marée prévus dimanche prochain seront probablement conjugués à des pressions anticycloniques, peut-être autour de 1020 à 1025 hPa, voire davantage. La hauteur du niveau marin pourrait ainsi être encore plus faible que celle prévue dans des conditions météorologiques standards. À titre d’exemple, une pression de 1025 hPa correspond théoriquement à un niveau marin abaissé d’environ 12 cm par rapport à la référence de 1013 hPa, toutes choses égales par ailleurs. La configuration météorologique actuelle pourrait donc accentuer la faiblesse du niveau d’eau, aussi bien à marée basse qu’à marée haute.