Crues/inondations: le pire reste-il à venir ?

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Les crues et inondations que nous observons actuellement en Bretagne devraient se poursuivre et vraisemblablement s’aggraver à partit de la semaine prochaine, et ce pour une durée indéterminée. En effet, les conditions dépressionnaires et perturbées sont vouées à se poursuivre. Couplés au retour de forts coefficients de marée dès lundi, la situation, déjà préoccupante, pourrait devenir très inquiétante.

Temps durablement perturbé

Les basses pressions vont se maintenir au moins 8-10 jours encore entre l’Atlantique Nord et l’’Europe de l’Ouest. Le menu météo s’annonce perturbé ; nous resterons situés sur le rail des dépressions océaniques avec des passages pluvieux et venteux répétitifs favorables à la poursuite et à l’extension des inondations.

 

Des coefficients de marée de 99 !

Un élément aggravant viendra s’ajouter à ce tableau bien sombre : les coefficients de marée. Ils atteindront jusqu’à 97 lundi et 99 mardi et mercredi prochains.

Des ingrédients défavorables qui se cumulent

Plusieurs ingrédients devraient ainsi se cumuler : des précipitations persistantes sur des sols saturés qui ne peuvent qu’aggraver la problématique des crues, une surcote marine liée aux basses pressions, des coefficients de marée supérieurs à 90, une houle longue qui viendra frapper les côtes exposées.

Le vent fort associé à une pression atmosphérique basse et à une houle importante provoque une surcote marine c’est-à-dire que la mer monte encore plus que la marée théorique, ce qui accentue le blocage à l’embouchure et favorise les submersions côtières. Nous avons déjà vécu ce type de configuration la semaine dernière avec la dépression Ingrid où une surcote de plusieurs dizaines de centimètres avait été observée sur le littoral Atlantique.

Effet de “bouchon” à l’embouchure

 A marée haute, le niveau marin est très élevé et s’oppose à l’écoulement du fleuve vers l’océan créant un effet de « bouchon ». À marée haute, l’eau de mer peut pénétrer dans l’estuaire ou le fleuve déjà gonflés par les pluies, réduisant encore la capacité d’évacuation et augmentant l’étendue des zones inondées, parfois assez loin à l’intérieur des terres constituant un véritable effet de barrage naturel. Comme l’eau ne peut pas s’échapper efficacement, le niveau du fleuve monte plus vite, les plaines inondables débordent plus largement, les digues peuvent être dépassées ou fragilisées. Même une crue “modérée” peut alors provoquer de fortes inondations.

 

 

Écrit par Sébastien Decaux, publié le 28 janvier

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