Comme cela a malheureusement pu être constaté depuis plusieurs semaines, une sécheresse majeure sévit en Bretagne. La comparaison de deux images satellites ci-dessous (voir tweet suivant) illustre notamment l’évolution de l’état de la surface depuis le 23 juin dernier, avec des teintes nettement plus claires observées sur une grande partie de la région.
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— Météo Bretagne (@MeteoBretagne) August 18, 2026
😵 Petit aperçu de l'évolution de la sécheresse en surface avec la comparaison de deux images satellitaires...
Rien que sur 50 jours entre le 23 juin et le 12 août 2026 dernier, la sécheresse s'est considérablement amplifiée en surface dans notre… pic.twitter.com/Ylo67bHpGL
Avant l’arrivée annoncée de la pluie ce mercredi, la sécheresse des sols restait encore particulièrement préoccupante en début de semaine (voir infographie suivante). Une sécheresse qualifiée d’exceptionnelle à extrême se généralisait alors à une grande partie de la Bretagne entre 0 et 1 mètre de profondeur. Cette situation résulte principalement de l’absence durable de précipitations suffisamment régulières, hormis quelques épisodes orageux localisés et éphémères, comme l’illustre la carte suivante.

Sur les deux derniers mois, entre le 17 juin et le 17 août 2026, les cumuls de précipitations relevés dans plusieurs stations bretonnes sont ainsi particulièrement faibles, avec des déficits majeurs par rapport aux normales. À Quimper, par exemple, seuls 21 mm ont été relevés sur cette période, soit un déficit de 85 % par rapport aux normales. Même constat à Nantes, avec seulement 6 mm, soit un déficit de 94 %.

Une sécheresse des sols qui peut jouer un rôle dans la chaleur
Cette sécheresse, qui s’est progressivement mise en place, a également pu contribuer à amplifier les températures observées lors de la précédente période de chaleur intense et caniculaire de la semaine dernière, dont nous avons dressé le bilan en début de semaine, avec notamment plusieurs records à la clé.
L’infographie suivante permet de comprendre le mécanisme qui se met en place.
Lorsque les sols disposent de suffisamment d’eau, une partie importante de l’énergie reçue du rayonnement solaire est utilisée pour l’évaporation de l’eau présente dans les sols et la végétation. On parle alors de flux de chaleur latente. Cette évaporation et l’évapotranspiration contribuent à limiter l’échauffement de la surface et, par conséquent, celui de l’air dans les basses couches de l’atmosphère.
À l’inverse, lorsque l’absence de précipitations se répète sur une longue durée, comme cela a été le cas ces dernières semaines, les sols s’assèchent progressivement. L’eau disponible pour l’évaporation et la transpiration de la végétation diminue alors fortement. Une part plus importante de l’énergie disponible à la surface est ainsi transférée sous forme de chaleur sensible, c’est-à-dire de chaleur contribuant directement à l’élévation de la température de la surface et de l’air proche du sol.
La surface peut donc davantage s’échauffer au cours de la journée, tandis que la diminution de l’évapotranspiration limite le refroidissement associé à l'évaporation. La quantité de vapeur d’eau apportée à l’atmosphère par la surface peut également être moindre, ce qui peut favoriser des conditions plus sèches dans les basses couches.
Une rétroaction positive entre sécheresse et chaleur
Un mécanisme de rétroaction positive peut alors s’installer, lorsque les conditions météorologiques sont favorables au couplage entre les sols et l’atmosphère.
Plus les conditions chaudes et sèches persistent, plus les sols peuvent s’assécher. Or, plus les sols sont secs, moins l’évapotranspiration est importante. Une plus grande part de l’énergie disponible est alors convertie en chaleur sensible, ce qui favorise à son tour le réchauffement de la surface et de l’air proche du sol.
La sécheresse des sols peut ainsi amplifier une situation chaude déjà présente, plutôt que constituer à elle seule la cause initiale de la chaleur. L’ampleur de cet effet dépend toutefois de nombreux paramètres : humidité initiale des sols, végétation, type de sol, rayonnement solaire, vent, humidité atmosphérique, nébulosité et configuration météorologique générale.

Un rôle possible dans les températures de la semaine dernière
Cette configuration a été particulièrement favorable la semaine dernière. Avec des sols très secs, l’évapotranspiration était fortement limitée, réduisant ainsi le refroidissement de la surface par évaporation. Dans ces conditions, une plus grande proportion de l’énergie disponible pouvait contribuer au réchauffement sensible de la surface et de la couche d’air proche du sol.
Cela peut contribuer à expliquer pourquoi certaines températures maximales observées ont parfois été supérieures à ce que suggéraient les premières sorties des modèles météorologiques, avant que les prévisions ne se rapprochent davantage des observations à l’approche des échéances.
La carte des températures maximales les plus élevées observées la semaine dernière témoigne justement de la présence de valeurs particulièrement extrêmes sur la région, notamment en allant vers l’est, avec plusieurs stations ayant atteint ou approché les 40 °C et plusieurs records mensuels à la clé, notamment à Rennes, Arbrissel et Nantes.
