En Bretagne, le seuil des 30°C ou plus, autrefois rare ou exceptionnel, tend à devenir de plus en plus fréquent. Dans une région traditionnellement réputée pour ses températures modérées, voire relativement fraîches sur nos côtes l’été, les relevés nous permettent d’observer cette évolution à la hausse des journées très chaudes.
La Bretagne littorale est réputée pour sa relative fraîcheur estivale tandis que dans l’intérieur des terres, les températures y sont plus élevées, se rapprochant du seuil de chaleur fixé à 25°C. Au cours de la saison chaude (juin, juillet, août) les températures maximales moyennes varient de 19 à 21°C pour la station de Brest et de 23 à 25°C sur le bassin rennais.
Ces valeurs dites moyennes impliquent parfois des valeurs plus basses ou plus hautes. Des folies du mercure sont parfois observées. Le 18 juillet 2022 en a été l’illustration. Au cours de cette journée historiquement chaude, le seuil des 40°C, a été atteint ou dépassé sur tous les départements bretons. Ces températures extrêmes pourraient d’ailleurs à nouveau faire parler d’elles au cours de ces prochains jours (entre le 21 et le 23 juin).

Si l’on considère que 25°C correspond à des températures proches des normales, atteindre ou dépasser le seuil des 30°C (qui définit une journée très chaude/forte chaleur) représente une anomalie thermique significative pour la Bretagne. Jadis rare, voire exceptionnelle sur les côtes, ces anomalies chaudes, qui existaient déjà au début du XXème siècle, sont de plus en plus fréquentes. On pourrait même dire qu’elles se banalisent !
30 degrés, une température qui se banalise
S’il existe une variabilité interannuelle concernant la fréquence des journées très chaudes en fonction de la configuration météorologique (position des anticyclones, des dépressions et caractéristiques des masses d’air), elles ont tendance à se multiplier.
Le seuil de forte chaleur (30°C) est atteint de plus en plus souvent mais il intervient surtout de plus en plus tôt (dès le mois de mai) et s’observe désormais jusqu’au mois de septembre voire jusqu’au début du mois d’octobre. Ainsi, il a fait 30°C à Rennes le 2 octobre 2023, 30,9°C à Pleyber-Christ le 9 octobre 2023, 30,8°C à Ploumanac’h le 1er octobre 2011.
Cette fréquence accrue des journées très chaudes est un des indicateurs témoin de notre climat qui change. Les masses d’air chaud sont dopées par le réchauffement climatique.
L’occurrence de températures supérieures ou égales à 30 °C à Brest et Rennes augmente sensiblement depuis 1945. Les graphiques des stations de Brest-Guipavas, de Rennes-Saint-Jacques et de Belle-Île/Le Talut,depuis 1949 sont révélateurs.



En cette année 2026, on enregistre en date du 15 juin, 5 journées très chaudes à Brest (la moyenne est de 0,9 jour/an) et 8 à Rennes (la moyenne est de 9 jours/an).
