Les posts et les articles défilent au fil de cette année 2026, particulièrement marquante par sa climatologie à l’échelle nationale et en Bretagne. Les extrêmes observés au niveau des températures, aussi bien en termes d’intensité que de durée, nous ont particulièrement marqués depuis la fin du mois de mai 2026, avec une succession de périodes de fortes chaleurs et de canicules accompagnées de nombreuses observations historiques.
C’est également le cas concernant la thématique de l’eau. L’hiver dernier, nous avions connu des périodes exceptionnellement pluvieuses, provoquant notamment des crues et des inondations en Bretagne au cours des mois de janvier et février 2026. Désormais, c’est l’assèchement des sols et la baisse du niveau des nappes phréatiques qui nous préoccupent, encore au cours de ce mois de septembre. Les conséquences se font ressentir dans le secteur agricole, avec des impacts sur les cultures, mais plus généralement sur la disponibilité de la ressource en eau. L’état de crise sécheresse s’est d’ailleurs généralisé à l’échelle de la région.
Si l’on dresse un premier bilan provisoire des cumuls de précipitations enregistrés cette année, du 1er janvier au 21 septembre, les données sont particulièrement intéressantes. À Quimper, par exemple (voir infographie suivante), on relève un excédent de 11 % sur la période par rapport aux normales. On pourrait donc penser que ce bilan est plutôt positif… mais il s’explique surtout par les mois de janvier et février, exceptionnellement pluvieux.
À cette période de l’année, les cumuls enregistrés depuis le 1er janvier sont logiquement encore inférieurs aux cumuls annuels moyens sur les principales stations bretonnes. Il faut en effet attendre l’arrivée des premières pluies dites « efficaces » à l’automne et durant l’hiver, lorsque les températures diminuent et que l’évapotranspiration devient plus faible, pour qu’une partie des précipitations puisse davantage contribuer à la recharge des sols et des nappes.
Toutefois, le mois de septembre nous montre également que cette période sèche peut se prolonger, même si les tendances météorologiques indiquent, à ce stade, un retour plus durable des précipitations en fin de mois.

Autre exemple avec la station de Rennes-Saint-Jacques : le cumul depuis le début de l’année se situe pour l’instant tout juste autour des normales, mais ce résultat masque en réalité de très forts contrastes entre les différents mois. Le graphique suivant permet justement de mieux comprendre la succession des périodes humides et sèches qui nous a progressivement conduits à la situation actuelle.
En janvier et février, nous avons connu deux mois extrêmement pluvieux, avec des excédents respectifs de 85 à 103 % à la station de Rennes-Saint-Jacques. Ces précipitations ont notamment contribué à la saturation des sols et aux épisodes de crues et d’inondations observés durant cette période.
Par la suite, mars et avril ont marqué un net changement de régime, avec des conditions beaucoup plus sèches sur le plan climatologique. Avril a notamment enregistré un déficit de 82 % à Rennes-Saint-Jacques. Ces deux mois ont constitué un premier tournant dans l’évolution de la situation hydrologique et dans la diminution progressive des réserves en eau disponibles.
Le mois de mai a ensuite été plus humide que la normale, notamment grâce aux précipitations survenues en début de mois. Mais la fin du mois a été marquée par une période de chaleur exceptionnelle et précoce, qui a favorisé une forte évapotranspiration et donc une perte rapide d’une partie de l’eau présente dans les sols et disponible pour la végétation.
Puis est arrivé l’été météorologique. Comme vous avez pu le constater, une période de sécheresse particulièrement marquée s’est alors installée. Juin et juillet se sont révélés déficitaires en précipitations. Le mois d’août a finalement affiché un bilan plus humide, mais celui-ci est en grande partie lié aux épisodes orageux survenus au cours des dernières semaines du mois.
Du 1er au 18 août, aucun jour n’a enregistré au moins 1,0 mm de précipitations à la station de Rennes-Saint-Jacques. C’est ensuite véritablement au cours des journées des 26 et 27 août que la station a reçu les cumuls les plus importants, avec plus de 39 mm en seulement deux jours, contribuant fortement au bilan mensuel final.
En dehors de ces épisodes, une dynamique de sécheresse météorologique s’est de nouveau installée au cours du mois de septembre. Au 21 septembre, à peine 7 mm de précipitations avaient été relevés du côté de Rennes. Comme le montre le graphique, nous sommes donc largement en dessous de la normale mensuelle, avec un déficit provisoire de 83 % entre le 1er et le 21 septembre. Seuls trois jours ont enregistré des précipitations mesurables selon le seuil retenu (RR ≥ 1,0 mm), soit 45 % de jours de pluie en moins que la normale sur cette période. Il faudra désormais surveiller les précipitations attendues la semaine prochaine, qui pourraient contribuer à atténuer, au moins temporairement, ce déficit.

L’affiche suivante, produite par la Région Bretagne quelques semaines plus tôt, caractérise bien les problématiques actuelles. Malgré un hiver particulièrement pluvieux et des cumuls annuels qui peuvent encore apparaître proches, la tension reste très importante sur la ressource en eau.

Cette année 2026 illustre ainsi parfaitement les contrastes qui peuvent se succéder en quelques mois : après des précipitations exceptionnelles et des inondations en début d’année, la Bretagne connaît désormais une situation de sécheresse et de tension sur la ressource en eau. Ces contrastes entre extrêmes humides et secs s’inscrivent dans un contexte de changement climatique qui favorise l’évolution des températures et modifie notamment les conditions d’évaporation et de disponibilité de l’eau.