Tempête Austen : des vagues proches de 20 mètres !

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Bretagne - 10:00

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Même si des tempêtes peuvent se produire toute l’année, leur fréquence est plus élevée en automne et en hiver. La dernière en date, baptisée Austen a été la première de la saison automnale (22-23 octobre). Elle a fortement impacté le littoral breton avec des vents violents atteignant souvent 110 à 130 km/h, parfois davantage sur certains secteurs exposés. Ces vents violents ont considérablement dégradé l’état de la mer. La Bouée Les Pierres Noires située en Mer d’Iroise, la plus exposée aux vagues les plus hautes, a enregistré une hauteur maximale de vague de 19,4 m contre 18,1 m à la bouée de Belle-Île (du creux à la crête). Comment interpréter ces hauteurs astronomiques de vagues ?

Octobre à février, une période propice aux coups de vents et aux tempêtes

C’est entre l’automne et l’hiver que notre région est la plus exposée aux coups de vent et aux tempêtes. Lorsque l’on regarde les statistiques, c’est précisément entre les mois d’octobre et de février que les vents à plus de 100 km/h sont les plus fréquents en Bretagne.

Au cours des épisodes de forts coups de vent et de tempêtes, l’état de la mer est sous étroite surveillance. En effet, la Bretagne est une terre de marins, le trafic maritime y est dense et nos littoraux sont exposés à l’érosion ainsi qu’aux submersions marines.

Les bouées en mer effectuent des observations. Les relevés nous permettent comme pour le vent de classifier les tempêtes en fonction de l’état de la mer.

Calme, agitée, forte, grosse ou démontée, la mer peut présenter une multitude de visages qui rendent la navigation agréable ou dangereuse en fonction des conditions météorologiques. L’échelle de Douglas décrit l’état de la mer.

L’échelle de Douglas

Elle est moins connue que celle de Beaufort utilisée en météorologie marine qui établit une graduation des vents en 13 niveaux allant du vent nul (force 0) au plus violent (force 12).

L’échelle de Douglas est composée de 9 niveaux qui intègrent la hauteur des vagues et l’état de la mer. L'état de la mer est la description de la surface de la mer soumise à l'influence du vent générant le système de vagues et la houle. Les vagues sont d’autant plus importantes que le vent souffle fort. La mer du vent va désigner l’ensemble des vagues générées par ce vent tandis que la houle correspond à des vagues plus lointaines ou résiduelles.

Les vagues : définition

Une vague est une déformation de la surface d’une masse d’eau, généralement causée par le vent. Plus le vent souffle fort et longtemps sur une grande surface (c’est le fetch), plus les vagues seront hautes et longues. Le vent transmet ainsi son énergie à l’eau, créant des mouvements irréguliers qui se propagent sous forme de vagues. Ces mouvements, collectivement appelés état de la mer, peuvent varier de quelques centimètres à plus de 30 mètres pour les vagues les plus extrêmes jamais enregistrées.

La houle : héritage des vagues plus lointaines

Contrairement aux vagues générées par le vent local, la houle est un train de vagues régulières qui se propage sur de longues distances, bien après que le vent qui les a créées ait cessé. Elle peut voyager sur des milliers de kilomètres et arriver sur nos côtes avec beaucoup d’énergie. Parmi les principaux paramètres pour les mesurer les vagues on trouve "H1/3" et "Hmax".

L’abréviation « H1/3 » veut dire hauteur significative des vagues. Cela correspond à valeur moyenne du tiers supérieur des hauteurs des vagues observées (33%) sur une durée de 30 minutes. Autrement dit, si vous mesurez 100 vagues consécutives, vous triez ces vagues par ordre de hauteur, puis vous calculez la moyenne des 33 vagues les plus hautes. Le résultat est Hs (hauteur significative). 

La hauteur de la plus grande vague (Hmax) est également observée sur une période de 30 minutes. Les vagues les plus hautes peuvent dépasser largement la hauteur significative. Statistiquement, certaines vagues peuvent atteindre jusqu’à 1,8 à 2 fois la valeur de Hs. Elles sont ponctuelles et ne se répètent pas.
Ainsi, la hauteur maximale d’une vague (Hmax) est toujours impressionnante mais c’est généralement la hauteur significative (H1/3), qui est la plus représentative de l’état de la mer. Pour Austen cette hauteur significative a atteint 11,70 m à la Bouée les Pierres Noires et 10,2 m à la bouée de Belle-Île, ce qui reste très impressionnant. C’est cette hauteur significative qui est modélisée sur les sites de prévisions.

Le Cerema dispose du réseau Candhis

En France, le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) est un établissement public gestionnaire du réseau national côtier de mesure de houle : le réseau CANDHIS. Ce réseau comptabilise une trentaine de stations de mesure opérationnelles et compte plus d’une centaine de campagnes de mesures dans ses archives (métropole et outre-mer).

Le réseau de mesures CANDHIS (Centre d’archivage national de données de houle in situ), désigne à la fois  le réseau national côtier de mesures in situ de houle, le site Internet et la base de données archivant les mesures. L’objectif principal de CANDHIS est de promouvoir l’observation de la houle dans le domaine proche côtier et d’assurer la diffusion des données auprès de la communauté scientifique, des professionnels de la mer et du grand public.

En tant que gestionnaire du réseau CANDHIS, le Cerema assure les missions suivantes : • la définition des réseaux d’observation des états de mer et notamment de leur architecture

• la coordination de la collecte des observations des états de mer sur l’ensemble du réseau CANDHIS

 • la coordination de la diffusion opérationnelle des observations en temps réel et en temps différé.

•La gestion et archivage des observations collectées en temps réel et en temps différé

 • l’application des contrôles qualité des observations, en conformité avec les normes en vigueur.

« Les mesures brutes sont envoyées par liaison radio à une station de réception à terre où elles sont enregistrées, contrôlées et diffusées en temps réel quand cela est possible. Dans certains cas les mesures sont, en outre, enregistrées sur une carte mémoire interne au matériel, ce qui permet de limiter les pertes de données liées aux problèmes de transmission vers la station de réception à terre ».

Les houlographes actuels fonctionnement avec un pas de mesure de 30 minutes. Les heures correspondent au début de la plage d’observation de l’élévation de la surface de l’eau.

Sources :

https://candhis.cerema.fr/

https://www.seafriends.org.nz/oceano/waves.htm

Écrit par Sébastien Decaux, publié le 28 octobre (dernière actualisation le 28 octobre à 10h04)

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