La Bretagne est une région habituellement exposée aux grisailles, couramment appelées « nuages bas » en raison de leur faible altitude. Ces nuages peuvent prendre la forme de brume ou de brouillard lorsqu’ils se développent jusque près du sol. Les deux phénomènes correspondent donc au même type de nuage : la différence réside essentiellement dans la visibilité observée au niveau du sol. Ils sont constitués de minuscules gouttelettes d’eau en suspension dans l’atmosphère.
On parle de brume lorsque la visibilité est comprise entre 1 et 5 km, et de brouillard lorsque celle-ci est inférieure à 1 km. Pour ce dernier phénomène, on enregistre en moyenne entre 30 et 70 jours de brouillard par an selon les stations bretonnes. À l’échelle annuelle, il s’agit donc de phénomènes relativement courants, qui participent aux caractéristiques du climat breton. Ils peuvent d’ailleurs se produire en toute saison, même si leurs mécanismes de formation peuvent différer selon les périodes de l’année.

Puisque nous sommes entrés dans la saison météorologique, parlons des cas en automne. Alors que l’automne météorologique débute le 1er septembre, l’automne calendaire ou astronomique commence autour du 22 ou 23 septembre. Cette période de l’année est particulièrement propice à l’apparition de certaines grisailles, notamment lors des nuits longues et dégagées.
En automne et en hiver, les brumes et brouillards se forment fréquemment selon un mécanisme de brouillard de rayonnement. Celui-ci apparaît généralement lors de nuits dégagées et peu ventées. Le sol perd alors de l’énergie par rayonnement infrarouge et se refroidit progressivement. Par contact, l’air situé juste au-dessus du sol se refroidit également. Si l’humidité est suffisante, sa température peut atteindre le point de rosée : la vapeur d’eau présente dans l’air se condense alors en minuscules gouttelettes, donnant naissance à un nuage au niveau du sol, sous forme de brume ou de brouillard selon la visibilité.
La présence d’un vent nul ou faible favorise ce phénomène. Un vent trop important tend en effet à mélanger les différentes couches de l’atmosphère et peut empêcher le refroidissement suffisant de l’air près du sol. À l’inverse, lorsque les conditions sont favorables, une couche d’air froid et humide peut se maintenir dans les basses couches.

La hauteur du Soleil, plus faible en automne et en hiver, joue également un rôle important dans la dissipation de ces grisailles. Le rayonnement solaire reçu au cours de la journée est moins important qu’au printemps et en été, ce qui limite le réchauffement du sol et des basses couches de l’atmosphère. Une fois formés, les brouillards et nuages bas peuvent ainsi être plus persistants et avoir davantage de difficultés à se dissiper.
Les bancs de brume et de brouillard sont également fréquemment observés dans des situations anticycloniques. Les hautes pressions s'accompagnent souvent d'une atmosphère plus stable, avec des mouvements verticaux limités. La subsidence de l'air peut notamment favoriser la mise en place d'une inversion de température, avec de l'air plus froid et humide piégé près du sol sous une couche plus stable. Si l'humidité est suffisante et que les conditions locales s'y prêtent, la vapeur d'eau peut alors se condenser et maintenir les grisailles dans les basses couches.

À l'inverse, en été, on peut également observer des brouillards, notamment lors de situations de brouillard d'advection. Celui-ci se forme lorsqu'une masse d'air humide se déplace au-dessus d'une surface plus froide. L'air est alors refroidi par sa base jusqu'à atteindre la saturation, ce qui entraîne la condensation de la vapeur d'eau. Ce mécanisme est notamment possible à proximité des littoraux lorsque de l'air doux et humide circule au-dessus d'une mer plus froide.
Un cas concret en Bretagne
L'image satellitaire ci-dessous, capturée via EUMETSAT le lundi 14 septembre au matin, montre plusieurs bancs de nuages bas occupant certains secteurs de la Bretagne, sous forme de brume ou de brouillard.
Ce jour-là, les conditions étaient particulièrement favorables à la formation de ces grisailles : vent très faible, humidité importante près du sol avec une atmosphère proche de la saturation et conditions anticycloniques, avec des pressions au niveau de la mer généralement comprises entre 1020 et 1025 hPa.
On observait notamment du brouillard de rayonnement dans plusieurs secteurs terrestres, mais également du brouillard d'advection à proximité des littoraux de la Manche, où de l'air plus doux et humide circulait au-dessus d'une surface maritime plus froide. Deux mécanismes différents pouvaient donc être observés simultanément sur la région.
