Pourquoi la qualité de l’air s’est fortement dégradée en Bretagne ?

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Pollution - 23/03/2026

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À l’image des jours précédents, la journée d’hier a fait l’objet d’une vigilance particulière en raison d’une dégradation marquée de la qualité de l’air sur un large quart nord-ouest de la France, notamment liée à la présence de particules fines (voir tweet ci-dessous). La Bretagne a également été concernée par cet épisode de pollution.

Les concentrations en particules fines attendues étaient particulièrement élevées, avec des valeurs comprises entre 35 et 60 µg/m³ (microgrammes par mètre cube d’air). Dans ce contexte, il était recommandé de limiter les activités physiques intenses, ces particules étant capables de pénétrer profondément dans les voies respiratoires et d’affecter la santé.

Cet épisode de pollution s’explique par la mise en place de conditions météorologiques bien spécifiques. La France et l’Europe de l’Ouest se trouvaient sous l’influence d’un régime de circulation zonale, caractérisé par un flux de sud-ouest rectiligne. Dans le même temps, l’anticyclone des Açores s’est positionné entre les îles Britanniques, la France et l’Espagne (voir carte suivante).

Deux phénomènes principaux se sont alors combinés. D’une part, l’installation de hautes pressions (supérieures à 1015 hPa) a favorisé l’accumulation des polluants dans les basses couches de l’atmosphère. D’autre part, un flux de nord-est s’est mis en place à haute altitude sur le quart nord-ouest du pays, contribuant à rabattre vers nos régions des masses d’air chargées en polluants en provenance du Benelux.

Par ailleurs, l’absence de vent significatif près du sol a limité la dispersion des polluants. Les particules (PM10, PM2.5) ainsi que, plus ponctuellement, l’ozone, se sont donc accumulés dans les basses couches de l’atmosphère, entraînant une dégradation notable de la qualité de l’air.

Au final, c’est bien la combinaison de ces différents paramètres météorologiques qui a favorisé la présence et la concentration de polluants sur le quart nord-ouest de la France, et notamment en Bretagne.

Il convient de rappeler que cette pollution est majoritairement d’origine anthropique. Elle résulte du chauffage résidentiel, des activités industrielles, du trafic routier et du secteur agricole. Par ailleurs, le nitrate d’ammonium — composant important des particules fines — se forme à partir des émissions d’ammoniac issues des épandages agricoles, fréquents à cette période de l’année, et des oxydes d’azote émis notamment par le trafic routier et certaines activités industrielles, comme le souligne Air Breizh.

 

 

Écrit par Maël Boizard, publié le 23 mars (dernière actualisation le 24 mars à 9h17)

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