La période de chaleur intense et caniculaire qui a touché une grande partie de la Bretagne la semaine dernière, du 10 au 16 août 2026 et plus particulièrement entre lundi et vendredi, s’est distinguée par de nouveaux écarts de température particulièrement remarquables au regard de la climatologie bretonne.
C’est notamment le cas des températures minimales observées en fin de nuit - début de matinée, comme le montre l’infographie suivante. Dans la continuité de ce que nous avons déjà pu observer au cours des mois précédents, plusieurs stations ont de nouveau enregistré des nuits tropicales, c’est-à-dire des nuits durant lesquelles la température ne descend pas sous les 20 °C. Certaines de ces valeurs ont même conduit à l’établissement de nouveaux records.
À Lorient, par exemple, la température minimale la plus élevée enregistrée au cours de la période a atteint 21.9 °C, battant ainsi le précédent record mensuel de température minimale la plus élevée, établi à 21.5 °C en août 1963. À Blain, cette même valeur a atteint 22.1 °C, établissant à la fois un nouveau record mensuel et un nouveau record absolu. Le précédent record absolu remontait à juin 2026, avec 22.0 °C, tandis que le précédent record pour un mois d’août datait de juillet 1990, avec la même valeur.

À Nantes, aucun record n’a été battu durant cette période, mais la température minimale la plus élevée observée sur la période a tout de même atteint 22.8 °C. Avec les quatre nuits tropicales supplémentaires enregistrées lors de cette récente période de chaleur intense, le mois d’août compte désormais provisoirement quatre nuits tropicales à la station de Nantes-Bouguenais. Depuis le début de l’année, le total atteint ainsi 19 nuits tropicales.
Une telle fréquence n’avait encore jamais été observée sur une année complète depuis le début des relevés à la station de Nantes-Bouguenais. Le graphique suivant met en évidence l’ampleur de cet écart et confirme le caractère exceptionnel de 2026 sur le plan climatologique, après plus de la moitié de l’année écoulée.

Les températures maximales enregistrées entre le 10 et le 16 août 2026 ont elles aussi atteint des niveaux remarquables. Parmi les stations représentées sur l’infographie suivante — toutes les stations n’y étant pas recensées —, plusieurs ont enregistré des valeurs correspondant à de très fortes à extrêmes chaleurs, entre 35 et 40 °C. Là encore, plusieurs records mensuels ont été battus.
C’est notamment le cas à Rennes-Saint-Jacques, où la température maximale a atteint 40.2 °C, contre 39.5 °C pour le précédent record mensuel, établi en août 2003. Même constat à Nantes-Bouguenais, avec 40.4 °C, soit un nouveau record mensuel, l’ancien datant d’août 2020 avec 39.6 °C.
À une moindre échelle, mais avec une anomalie tout aussi remarquable au regard de sa climatologie, Ouessant a également battu son record mensuel de température maximale. La station a atteint 31.1 °C le 12 août, soit 1.8 °C de plus que le précédent record d’août, établi en 2003 avec 29.3 °C. Cette valeur est d’autant plus exceptionnelle que la température maximale est montée jusqu’à 11.5 °C au-dessus de la normale.

Enfin, cette nouvelle période de chaleur a encore accentué l’excédent observé ce mois-ci en matière de fréquence des fortes chaleurs à Rennes-Saint-Jacques. On compte déjà plus de 11 journées avec une température maximale supérieure ou égale à 30 °C, contre à peine 3 jours en moyenne pour l’ensemble du mois d’août sur la période de référence 1991-2020.
Ces quelques exemples illustrent une nouvelle fois le caractère exceptionnel et remarquable de l’été 2026 en Bretagne. Une succession de fortes chaleurs, de records et d’anomalies qui rappelle que la Bretagne n’est pas épargnée par le réchauffement climatique et que son statut historique de « refuge climatique » est progressivement remis en question.